Espelette et chocolat
l’actualité sauce douce et piquanteArchive pour Non classé
Croyez-vous au hasard ?
Moi non. Mais je crois en la Providence. Celle qui vous mène sur la route du bien aimé, celle qui vous conduit à la croisée des chemins, et vous somme de faire un choix, celle qui mets vos nerfs (et votre vie) à rude épreuve parfois… Et puis moi je fais rimer providence avec transcendance, mais c’est une question de foi qui ne se discutera pas là.
La providence donc et dernier exemple en date, une rencontre fulgurante, enrichissante, bouleversante. Une de celles où l’on ressort avec l’envie de dire Waou ! Again ! le sourire accroché au coeur qui bat la chamade. Ca se passe un jeudi soir dans le métro, ligne 6, trajet Bel-Air à Corvisart. Une femme noire s’installe au milieu de notre groupe gospelisant et se met à entonner des airs familiers pour gagner quelques pièces. L’occasion est trop bonne, la joie de partager débordante, nos voix pas toujours bien assurées décident d’accompagner la diva. Des sourires naissent, la complicité s’installe et c’est parti pour 15 minutes de métro-gospel qui s’achève dans un chant zulu dont nous seuls pensions connaître l’air et les paroles. Sacré surprise, la diva était sud-africaine et redouble d’intensité pour nous accompagner.
Les voyageurs, visiblement contents, en redemandent. Même si là où eux n’ont vu que performance vocale et chant, voire joie partagée, nous avons vécu communion, prière, grâce. J’espère me rappeler cette éphémère rencontre encore longtemps, comme une preuve que partout existent des occasions de se rencontrer, de partager, de vivre et de fêter la vie. Un bon capital bonheur contre la morosité de certains jours car quand la providence s’en mêle, et bien oui la vie est bien plus belle…
Et puis si vous croisez cette femme dont je ne connais même pas le nom, dans le métro un jour, dites lui que je pense à elle encore aujourd’hui. Et que la providence saura nous réunir une autre fois, c’est sûr !
Où sont les dindes ?
Les dindes françaises sont chanceuses. Contrairement à leurs cousines américaines sacrifiées massivement aujourd’hui pour Thanksgiving, elles ont encore un mois à vivre !
Au gouvernement, on ne sait pas encore quelles têtes vont tomber. Pourtant les volailles en tout genre y sont légion : dindes hystériques, chapons castrés, poulets battant de l’aile et coqs arrogants. Depuis quelques mois, la basse-cour est en proie à une grande agitation. Mais quand la poussière retombera, tout le monde risque d’être bien déçu.
Anyway, Happy Thanksgiving to everyone !
Ecoute le “tic-tac ba-boum” de mon coeur
Ce livre commence comme un conte de Noël : “Il neige sur Edimbourg en ce 16 avril 1874“. Et la suite tient autant du Andersen que du Vian. C’est l’histoire de Jack, un petit garçon, dont le coeur fonctionne grâce à une horloge mécanique qu’une sage-femme, adepte du bricolage corporel, lui a greffé juste après sa naissance. Un coucou qui l’empêche de dormir la nuit et lui vaut les insultes des autres enfants le jour. D’autant que, d’après sa mère d’adoption, son coeur trop fragile ne supportera jamais de tomber amoureux. Mais arrive la petite chanteuse aux lunettes cassées, et Jack bravant le grincement de ses aiguilles, ira chercher l’amour jusqu’en Andalousie…
Ce livre c’est La mécanique du coeur de Mathias Malzieu, le chanteur du groupe Dyonisos. Je l’ai ouvert car un ami, qui en était tombé amoureux, me l’a envoyé. Et c’est vrai que cette histoire nous berce lentement, chaudement. L’écriture est simple, belle, efficace. Et l’histoire oscille toujours entre tragique et comique – certaines images étant franchement drôles.
Et puis il y a de petites pépites que j’ai moi-même notées dans mon carnet. Des phrases qui vous décroche à la fois un sourire et une larme. Car ce personnage de Jack se bat, malgré ses handicaps, pour aimer. Tel Don Quichotte, il croit ferme en ses rêves et se retrouve souvent désarmé devant l’injustice de la vie. Et c’est désarmant pour le lecteur.
Mais j’avoue que, à l’inverse de mon ami, je n’en suis pas tombé amoureuse. Peut-être l’ai-je mal lu (partiellement dans le métro). Je crois surtout qu’il est un peu court en général (178 p), et sur certaines choses. Des relations pas assez fouillées, trop de va et vient dans le récit, et un style pas forcément constant. Je suis restée un peu sur ma faim… preuve aussi que ce livre m’a touché.
Bon je ne résiste pas à vous livrer une de ces pépites (ca c’est un de mes mots préférés, essayer de le dire lentement, il résonne longtemps sur vos lèvres !), en guise de conclusion.
” Je suis en danger de mort ? Peut-être, mais je suis en danger de vie si je ne la revois pas, et à mon âge je trouve ça encore plus grave“
Mathias Malzieu, La mécanique du coeur, Flammarion, 2007, 17 €