Espelette et chocolat
l’actualité sauce douce et piquanteArchive pour juillet, 2008
Amerykah diva
Il y a 8 ans environ, j’ai attrapé une baduphilie aigue. C’était la première fois que j’entendais Mama’s gun, et cette voix tout en subtilités, ces beats géniaux, ce style à la fois ghetto, underground et jazzy, ce charisme d’une Chaka Khan m’avaient pris aux tripes. Je vous assure que certaines fois les palpitations se transforment en sueur, et une ride apparaît au milieu du front l’air de dire “Waou, c’est parfait”.
Et puis il y a eu la découverte, à l’envers, du Live et de Baduizm. Je suis devenue accro avant de pouvoir dire ouf. Cette année, elle nous gâtait avec son nouvel opus, Amerykah part 1, avec déjà des morceaux d’anthologie. Alors bien sûr, découvrir qu’elle venait en concert à Paris fut, au-delà du choc, comme Noël avant l’heure. Depuis le temps que je guettais et que je n’espérais plus. La perspective étant au moins aussi réjouissante que le moment lui-même. Et si les symptômes ne sont pas toujours aussi forts, le moment venu, je n’ai pu survivre à cette énorme montée d’adrénaline seulement grâce à son retard d’une heure et demi.
Enfin elle est apparue, majestueuse, princesse noire jusqu’au bout des bottes, des bijoux clinquants et une coiffure improbable, une diva comme on n’ose plus en faire. Une fois installé sur scène, elle a joué de tous ses instruments disposés autour d’elle, elle n’a pas chanté tout le temps très juste et a crié beaucoup, elle s’est amusé avec ses propres morceaux, a improvisé quelques rimes… Elle a été parfaite, fidèle à toutes mes espérances. Je suis bluffée, amoureuse et définitivement malade. Mais surtout… ne me guérissez pas.
My buddy Obama
Il a beau faire tous les efforts du monde, Nicolas a du mal à honorer son devoir de réserve et à ne pas admirer ce candidat qui semble déjà faire l’unanimité de ce côté ci de l’océan. Affirmer haut et fort que “Obama c’est mon copain à moi” a quelque chose de pathétiquement puéril. Mais après tout – et pour une fois – qui en voudrait à notre président ?
Et pourtant on sent qu’Obama ne s’est arrêté à Paris que par courtoisie, à peine arrivé et déjà reparti. Sûrement fut-il bien avisé par ses conseillers qui lui auraient rapporté au choix : les dernières vacances de Nicolas chez Georges Jr, ou bien les derniers tapis rouges déroulés à Paris pour Al Assad ou Khadafi, ou alors les sapes législatives sur le droit de grève et la sécurité sociale, ou encore l’augmentation substantielle de son salaire… La liste (récente) semble si longue qu’on ne sait plus si on doit rire ou pleurer.
Et c’est sans évoquer l’affaire Tapie, le summum du cynisme, et pour laquelle il semblerait que se vérifie l’acception que plus c’est gros et plus ça passe. Sûrement Sarkozy pense-t-il que tirer crédit d’une libération d’otages tous les 6 mois peut faire oublier tout le reste. C’est oublier que la mémoire des Français est inversement proportionnelle à l’argent qu’il leur reste pour boucler leur fin de mois. Notamment ceux qui ont voté pour lui.
En fait il n’y a qu’un point qui me tracasse encore plus que tout ça : où est passé l’opposition ? Enfin celle qui n’est pas marxiste à un bout et xénophobe à l’autre. Va juste falloir m’expliquer comment le PS n’arrive pas à tirer crédit de toutes les erreurs du président, pourtant servies sur un plateau d’argent.
Ok si Obama est président en novembre, I’m definitly an american girl !